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https://www.forcesoperations.com/comment-la-lutte-anti-drones-peut-sinviter-sur-chaque-vehicule-scorpion/

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L’idée avait tapé dans l’oeil du chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill. Pourquoi ne pas modifier des tourelleaux téléopérés en service pour les transformer en autant d’effecteurs pour la lutte anti-drones ? Adapter l’existant, c’est le pari lancé par Arquus sur base des tourelleaux téléopérés Hornet T1 intégrés aux véhicules Griffon et Serval livrés à l’armée de Terre. 

 

Baptisée « Hornet Air Guard » par cette division du groupe belge John Cockerill, cette variante combine un capteur, un ou plusieurs effecteurs et des algorithmes de détection et de suivi ad-hoc. Le tout permet de « réutiliser l’existant au moyen d’un kit d’adaptation relativement simple à mettre en oeuvre y compris par les opérateurs au niveau des régiments », nous expliquait le PDG d’Arquus, Emmanuel Levacher, en novembre dernier lors du Forum Innovation Defense (FID) organisé à Paris par le ministère des Armées. 

 

Plusieurs pistes sont à l’étude pour constituer ce kit. Derrière un berceau modifié pour emporter une seconde mitrailleuse MAG 58, l’exemple exposé au FID embarquait un radar META fourni par l’entreprise lilloise MC2 Technologies. Si le rayon de détection de ce radar est limité à 120°, son intégration sur la couronne de lance-pots fumigènes GALIX garantit une orientation à 360° indépendante de celle de la mitrailleuse. Celle-ci se ralliera néanmoins automatiquement sur la menace détectée par le radar. Au bloc optronique MINEO nativement intégré au tourelleau T1 d’ensuite télémétrer la cible, étape préalable au déclenchement d’une ou plusieurs rafales de neutralisation. 

 

Si elle est présentée comme une solution de dernier recours, cette évolution aura au moins pour intérêt de venir renforcer la protection rapprochée d’unités dont la couche LAD reste pour l’instant bien mince. Efficace dans un rayon de 400 à 500 m autour du véhicule, ce tourelleau est avant tout orienté vers la LAD généraliste, celle devant théoriquement être maîtrisée par tous. L’un des efforts majeurs, hormis l’intégration matérielle, consiste dès lors à adapter l’interface homme-machine (IHM) pour ne pas alourdir la tâche dévolue au radio-tireur et, peut-être, entrevoir une prise en main élargie à tout combattant. 

 

Arquus a aujourd’hui produit quelque 1000 tourelleaux téléopérés Hornet, dont environ 800 étaient en service dans les régiments français à la mi-novembre. « On leur propose de les rééquiper différemment », résume Emmanuel Levacher. Moins coûteuse et moins complexe que ce qu’opère la LAD spécialisée, l’idée déboucherait sur « une capacité qui, de part l’aspect budgétaire, permet d’être massifiée. On reste dans des enveloppes qui sont à portée des armées », estime Arquus. Multiplier ces tourelleaux dans une section à quatre véhicules permettrait, par exemple, de se répartir les secteurs dans une logique de protection collaborative. La démarche s’étend forcément au marché export. Les marques d’intérêt ne manquent pas mais, dans un domaine particulièrement foisonnant, il devient primordial de faire ses preuves pour convaincre.

 

« Cela fait quelques mois que nous avançons sur boucle courte et sur fonds propres » sur des solutions que les armées « ont petit à petit testé, qu’elles s’approprient progressivement », indique Emmanuel Levacher. Les premiers essais sur champs de tir ont eu lieu en amont du FID sur l’un des pas de tir du camp de Suippes (Marne), là où JCD s’est depuis longtemps installé grâce au partenariat établi avec l’armée de Terre. Le tourelleau Hornet aura fait mouche « avec la 7,62 mm à plusieurs centaines de mètres », détaille Jean Boÿ, directeur de la division Hornet. Plusieurs drones quadricoptères ont été abattus dans différentes configurations, tant en rapprochement qu’en défilement. Des drones évoluant parfois à plusieurs dizaines de km/h mais malgré tout neutralisés à la première, deuxième ou troisième rafale. 

 

Réalisée depuis un Griffon et en lien avec la Section technique de l’armée de Terre, la séquence reste expérimentale mais « les premiers résultats sont encourageants », note Jean Boÿ. Elle aura aussi permis de commencer à caractériser l’usage avec une mitrailleuse 12,7 mm, avec de premiers tirs réalisés à Suippes. L’essai semble transformé. Cette solution, la Direction générale de l’armement ( DGA) en a commandé cinq exemplaires afin de « continuer ou accélérer les expérimentations ». L’un de ces rendez-vous majeurs est attendu au printemps prochain, créneau durant lequel les acteurs concernés chercheront à en confirmer l’intérêt pour « pouvoir basculer vers une réalisation au plus tôt ». L’exercice majeur ORION 2026, lancé en février, arrivera quant à lui trop tôt pour une première expérimentation dans des conditions réalistes. Par contre, Arquus travaillera main dans la main avec l’Agence de l’innovation de défense dans le cadre de l’exercice de lutte anti-drones BASSOA 4. Il s’agira alors moins de neutraliser que de progresser sur les capacités de détection, précise l’entreprise. Son équipe se donne ainsi « quelques mois pour finaliser les travaux d’intégration du radar et de sa mise en oeuvre » pour être capable de jouer, dès 2026, un scénario complet.

 

Pour Arquus, la volonté reste bien d’ « aller au bout de ce qu’on peut faire par rapport à une menace ». Les discussions se poursuivent autour d’un kit dont la configuration n’a rien de figé, l’agilité devenant primordiale pour répondre dans le temps et à temps à une menace tout aussi évolutive. La couronne GALIX emporte aujourd’hui un radar. Demain, la marge disponible amène à réfléchir à d’autres « objets ». Idem pour les effecteurs, un segment qu’Arquus a également renforcé par l’ajout d’un laser HELMA-LP de CILAS.

Ya Rab Yeshua.

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