BTX Posté(e) il y a 47 minutes Signaler Posté(e) il y a 47 minutes https://www.forcesoperations.com/ Un rendez-vous est prévu en 2028 pour statuer sur la capacité d’aérocombat des armées françaises, a annoncé jeudi dernier la ministre des Armées, Catherine Vautrin. L’enjeu de ce point de passage devra être précisé, mais il s’agirait notamment de préciser l’intention concernant la rénovation à mi-vie du Tigre. L’oeil averti l’aura remarqué : l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030 se révèle limitée en matière d’aérocombat. Non seulement le volume d’hélicoptères interarmées légers (HIL) Guépard attendus pour 2030 est divisé par quatre, mais le compteur de Tigre devant bénéficier d’une rénovation à mi-vie reste bloqué à 14 exemplaires à horizon 2035. Le texte propose par contre « un jalon de décision sur l’ensemble de la trame hélicoptère en 2028 », a indique la ministre des Armées. « Le but de la manœuvre est précisément de tenir compte du RETEX de la guerre en Ukraine, mais aussi de ce qui se passe dans les Émirats arabes unis. (…) Des résultats intéressants ont été observés aux Émirats arabes unis et démonstration en a également été faite la semaine dernière lors de la clôture de l’exercice ORION », notait la ministre des Armées. Entre l’attrition du théâtre ukrainien et l’expérience acquise auprès des pays du Golfe, il semble être question d’avancer sur les deux plans en musclant l’auto-protection tout en renforçant les capacités anti-drones. L’intégration de la roquette guidée laser, par exemple, a été accéléré pour éviter un recours à des missiles autrement plus coûteux. Le jalon de la qualification doit être franchi au deuxième semestre de 2026. « Les résultats d’une évaluation prévue en 2028 du potentiel de commandes d’appareils neufs décideront de la mise en service ou non d’une nouvelle chaîne de production », indiquait ce jeudi la ministre des Armées, Catherine Vautrin. Une réponse plutôt sibylline, parce que ne permettant pas d’identifier clairement l’ambition pour la suite du programme. S’agit-il de relancer la production d’hélicoptères neufs ? Ou, plus vraisemblablement, de statuer sur la viabilité d’une rénovation pour l’instant limitée à une trentaine de Tigre français et espagnols ? Le premier scénario paraît peu probable compte tenu de l’absence de nouveaux clients ou d’un projet d’extension des parcs en service. Plus réaliste, le second demanderait à première vue à la France de statuer sur l’activation de tranches supplémentaires pour se rapprocher de l’objectif initial de 42 machines rénovées, générer de la charge pour les lignes d’Albacete (Espagne) et de Marignane et, in fine, homogénéiser la flotte. Soutenue par un amendement du Rassemblement national, l’idée a néanmoins été écartée. « Pour l’heure, nous rénovons quatorze appareils, tout en continuant à travailler pour voir comment nous adapter au mieux », répondait la ministre des Armées. Ce statu-quo n’empêche pas la poursuite des travaux de développement. Un prototype de Tigre rénové doit ainsi décoller au prochain semestre. Confirmé par l’OCCAr, en charge du pilotage du programme au nom des clients français et espagnol, ce calendrier prévoit également l’atterrissage des premiers appareils français en 2031, deux ans plus tard que prévu. Un autre amendement aura eu plus de succès. Porté par quelques députés de la majorité, il permet d’inscrire le développement de la coopération entre hélicoptères, drones et munitions téléopérées au rang des priorités de l’actualisation de la LPM. Autre signal encourageant, le recalage des programme de rénovation à mi-vie et de développement du missile air-sol tactique futur (MAST-F, basé sur l’Akeron LP de MBDA) semble bel et bien effectif. Ce dernier avait un temps été mis en balance au profit d’un missile sur étagère. Ce scénario serait maintenant écarté, explique-t-on dans les rangs industriels, et l’effort en court viserait à réaligner deux programmes dont les temporalités se sont un temps éloignées. La DGA l’affirmait elle-même il y a peu, ce dérivé de l’Akeron MP « doit remplacer le missile Hellfire sur l’hélicoptère Tigre rénové ». Idem pour le HIL. Là aussi, la contraction de la cible pour 2030 doit permettre d’allouer des fonds à de nouvelles évolutions. C’est le cas d’une capacité antichar dont l’ajout sera également l’objet d’un arbitrage courant 2028. S’il n’est pas cité dans les discussions entourant l’actualisation de la LPM, le Caïman n’est cependant pas oublié. Près de 130 M€ sont fléchés vers ce programme en 2026, en partie pour lancer des études de développement visant à intégrer la liaison 22 et à préparer une rénovation à mi-vie. Le patron de la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC) de l’armée de Terre, le général Olivier Hautreux l’a rappelé durant l’exercice ORION : il y a un besoin clairement établi pour une telle opération au profit du Caïman. Mais, à l’instar du Tigre et du Guépard, l’effort exigera à son tour de prendre des décisions dans les deux à trois années à venir. Crédits image : DGA Essais en vol Citer Ya Rab Yeshua.
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