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https://ainsi-va-le-monde.blogspot.com/2026/05/stress-post-traumatique-du-combattant.html

Ils s’appellent Jean-Louis, Nicolas et Xavier. Tous trois ont été militaires. Dans l’armée de Terre. Ils ont en commun d’avoir eu leur trajectoire lourdement fendue par une blessure. Physique ou psychique, en l’occurrence le stress post-traumatique. Parfois l’une suivant l’autre.
Hier, ces hommes (ils étaient en réalité six) se sont retrouvés lors d’une table-ronde organisée au salon du livre militaire de Brive (Corrèze) à raconter leurs souffrances, leurs douleurs intimes, ce désespoir qui conduit au bord du précipice, la patience de leur épouse et de leurs proches, l’écoute des médecins et l’apport de certains dispositifs dédiés. Afin d’entamer ou de tenter d'engager une reconstruction. Encore faut-il être identifié ?

Honte
Xavier lui s’est tu. « Pendant 20 ans, par honte, je n’ai jamais parlé de ce stress post-traumatique ». Cet ancien du 35e régiment d’infanterie (Belfort) a « vu et fait des choses » en Bosnie, au Kosovo, qui ont provoqué ses troubles.

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Jean-Louis
« Mal intérieur. Je me noie dans ce mal intérieur. Qui me ronge, me ruine et me crève le cœur… ». Pour en parler, Jean-Louis a écrit. Sous-officier, 37 années de services. 2e groupe de chasseurs, 150e et 151e régiments d’infanterie, 1er régiment de chasseurs, 4e régiment de dragons et d’autres…Et les OPEX qui vont avec. Et surtout Bouaké en 2004 puis l’Afghanistan. « La retraite a tout déclenché » raconte-t-il.

La coupe était pleine
C’est au retour d’un énième déploiement que Nicolas comprend que « cela ne va pas ». Ce sous-officier a servi au 27e bataillon de chasseurs alpins, au 110e régiment d’infanterie, au 1er régiment de tirailleurs. Lors de son deuxième séjour en Afghanistan, il est blessé. « A mon retour du Mali, j’ai dû faire face à une réalité plus difficile que la blessure physique, et je sais de quoi je parle, celle du stress post-traumatique. La coupe était pleine… ».

Nicolas poursuit. « Cela faisait bien longtemps que mon épouse avait compris que je tirais trop sur la corde ». Il faut à ce presque quinquagénaire du temps pour le concevoir, l'accepter, essayer de se reconstruire. « Ce chemin, je l’ai mené exclusivement grâce à elle, forte et fière, qui a été mon pilier ».

Les silences de la mémoire
Jean-Louis après avoir affronté plusieurs « étapes nauséabondes » met des mots sur les maux. C’est d’ailleurs le titre de son premier livre. Suit « Les silences de la mémoire ». « Des kms pour apaiser leurs mots » est le troisième. Dans celui-ci, il raconte un périple accompli en 2024 ; 6 mois et 3 jours en marchant 25 à 30 km quotidiennement. Au total un parcours de 4 800 km, logeant chez l’habitant (accueillant) récoltant 40 000 euros reversés intégralement à des œuvres sociales. Il envisage aujourd’hui de faire traverser, à l’automne, le pont Alexandre III à Paris à des porteurs de drapeaux, des blessés. « De nombreux blessés issus de diverses institutions ont été oubliés ou laissés sur le bord du chemin. Ce sont des vies, des parcours, des réalités souvent invisibles. Face à cela, nous refusons cet état et les signatures apposées sur tous ces drapeaux prouveront le soutien de la population envers eux. »

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Nicolas


Résilience
Nicolas, atteint également d’une maladie chronique, se consacre à un rêve. Justement nommé « Résilience ». Partir en moto, fin juin, avec deux compagnons de route vers la Mongolie. Soit 30 000 km en trois mois. L’ONaCVG « mon partenaire privilégié m’a apporté un soutien financier qui m’a permis de financer la moto »*.
Xavier a partagé, hier également, une partie de son intimité avec le public corrézien. Il dit : « Lors de mon deuxième séjour au Kosovo, j’envisageais le suicide. Une alerte m’en a empêché. » Retour à la vie civile et à son métier d’ouvrier agricole dans le Lot. C’est là où tout bascule. « Je fais 7-8 cauchemars par nuit » explique-t-il. L’eau de vie, qui porte mal son nom, pour avoir le courage d’aller simplement au lit. Silence sur ses troubles « Quand je vais au restaurant, je dois voir la salle et je ne dois pas être trop loin de la porte d’entrée 
».

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Xavier ©Marc Louison Actu Lot
 
La peur du monde
« J’ai deux enfants, une fille et un garçon. J’ai honte, je n’ai jamais pu les amener à la neige ou la mer en pleine saison. » Xavier touche une allocation adulte handicapé et une pension d’invalidité pour la fibromyalgie (pathologie associée aux troubles du sommeil). Il a enfin pris contact avec la médecin du 35e RI de Belfort. S’il décline un traitement médicamenteux, il consulte le psychologue du 126e RI de Brive et fréquente désormais la maison Athos de Villefranche de Lauragais (Haute-Garonne). Et puis, en septembre dernier, Vador est arrivé dans sa vie. Ce placide labrador est sa bouée de sauvetage. « Il me réveille si, par exemple, je fais des cauchemars » qui ont tendance à s’atténuer…

A suivre, les témoignages de Vincent, Henri et Laurent.
 
*Nicolas cherche toujours à financer son projet. Vous pouvez y contribuer :

Ya Rab Yeshua.

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https://ainsi-va-le-monde.blogspot.com/2026/06/blessure-au-combat-blessure-psychique.html

Blessure au combat, blessure psychique, se relever (2)

Après Jean-Louis, Nicolas et Xavier hier, militaires de l'armée de Terre victimes de stress post-traumatique, voici aujourd'hui Laurent, Henri et Vincent.

Le premier, a tout connu. La grave blessure en Afghanistan puis le TSPT*.

Henri, gendarme a quitté le GIGN sur blessure mais pas l'institution et Vincent tout jeune sapeur pompier de Paris a vu sa vie brisée par un accident de moto. Ils ont raconté samedi après-midi, lors d'une table ronde organisée au salon du livre militaire de Brive (Corrèze), leur reconstruction.

 

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Laurent
 
D’abord, la blessure au combat. Une roquette, de multiples plaies par polycriblage. C’était en 2010, en Afghanistan où le caporal-chef Laurent Merle était déployé avec le 126e régiment d’infanterie. L’ancien militaire raconte : « L’équipe médicale se pencha sur moi. Le défi était de taille. Mon bras tordu derrière la tête devait être remis dans l’axe de mon corps pour permettre mon évacuation… » Il y a aussi ces éclats logés dans le foie, l’estomac et « à 3mm de l’aorte ». Laurent Merle est plongé dans le coma et y restera cinq jours. 8 opérations en deux ans, la première à Kaboul. Deux années et demie de kiné mais il reste invalide du bras gauche. Ensuite, cinq ans plus tard, le cerveau qui vrille. « J’avais des symptômes. Par exemple, je transpirais lorsque je voyais une femme voilée, je devenais blanc comme un linge, selon l’expression consacrée ». Il fait front, une nouvelle fois, face à ce syndrome post-traumatique. Avec l’appui, fondamental, de sa femme, de la famille. De nouveaux soins à l’hôpital militaire de Bordeaux « mais je ne voulais pas prendre de médicaments ». Et puis d’efficaces séances d’EMDR**. « Je peux, aujourd’hui, parler sans émotion de ce qui m’est arrivé. » Mais ajoute-t-il, prudent « je reste hyper vigilant ».
 
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Henri
 
On continue

Henri Malfatti est le plus âgé des six hommes qui, samedi après-midi, ont témoigné lors de cette deuxième édition du salon militaire de Brive.

Il a 76 ans. Cet officier a quitté la gendarmerie, en 2004, avec le grade de lieutenant-colonel. Avec comme point d’orgue ces années passées au GIGN. « J’y suis rentré le 16 juillet 1978 et parti le 31 juillet 1988 » raconte-t-il. Qu'il quitte avec tristesse. Car blessé. « En 1986, en Bretagne, un forcené m’a tiré une décharge sur le visage ». Le trentenaire perd un œil. Que fait-on alors ? « On se relève et on continue » commente Henri Malfatti qui n’en a pas fini avec les blessures. En 2000, en Guyane, perforation de la cuisse par une balle. Il dit : « Ensuite ? On se relève et on continue ». Suivent la réserve opérationnelle, des missions également. A Djibouti en 2014, alors qu’il participe à la formation des forces de police locale, il est victime du terrorisme : tympan perforé. Un attentat meurtrier revendiqué par des islamistes somaliens affiliés à Al-Qaïda. Engagé dans la vie associative, membre des Gueules Cassées, ce dynamique retraité, trois fois cité à l'ordre de la gendarmerie, est un exemple d’optimisme. 

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Vincent
Ultraops
Il en faut pour surmonter le drame survenu à Vincent Dorival. Sapeur- pompier en région parisienne (BSPP), il chute à moto, à cause d’huile sur la route, à 200 m de la caserne alors qu’il allait prendre son service. Nous sommes le 18 avril 2001. Il a 22 ans. « Je survis à 8 arrêts cardiaques grâce à l’action de mes collègues et des médecins de l’hôpital Percy (Clamart) » raconte-t-il. Il est maintenu en vie mais le bilan fonctionnel est catastrophique. « Je suis assimilé tétraplégique ». Après 10 ans de rééducation journalière, le jeune homme intègre le cercle sportif de l’Institution nationale des Invalides (Paris). La vie doit se poursuivre. Nous sommes en 2012. L’ancien pompier devient rapidement champion de France handisport 2014 de lancer du disque et bat un record national. Il obtient également un titre de vice-champion d’Europe au lancer du poids, chez les militaires blessés. « Je choisis alors de quitter l’athlétisme pour réaliser des défis d’endurance avec mon fauteuil roulant non équipé » explique-t-il.
Ainsi en 2015, 2016 et 2018 il dispute le cross du Grand Bara à Djibouti. En 2017, Vincent Dorival relie les trois frontières du désert du Néguev (Egypte, Israël, Jordanie) en solitaire (aller-retour) ; en 2019, il traverse en compagnie de six autres blessés la Death Valley (309 km). Et créé l’association ULTRAOPS (https://www.ultraops.fr/) qui a pour objet d’accompagner des blessés de la Défense dans leur reconstruction par la réalisation de défis en milieu désertique. Le prochain, le quatrième, va démarrer le 19 septembre dans l’Atlas marocain afin de parcourir 350 km avec 11 blessés.
 
*Trouble du stress post-traumatique
**EMDR : thérapie qui utilise la stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche) en se pratiquant par le mouvements des yeux.

Ya Rab Yeshua.

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