BTX Posté(e) 11 juin Signaler Posté(e) 11 juin https://www.opex360.com/2026/06/10/lockheed-martin-assure-pouvoir-livrer-des-m142-himars-a-la-france-18-mois-apres-la-notification-dune-commande/ Fin février, évoquant le remplacement – urgent – des lance-roquettes unitaires de l’armée de Terre lors d’une audition au Sénat, le Délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, avait assuré que toutes les solutions possibles ou envisageables, avec leurs coûts et leurs délais de livraison, seraient présentées aux autorités politiques. Pour rappel, la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 ayant privilégié une solution souveraine, la Direction générale de l’armement [DGA] a lancé le partenariat d’innovation «Frappe Longue Portée / Terrestre» [FLP/T], pour lequel elle a retenu deux groupements industriels, à savoir MBDA/Safran ArianeGroup/Thales. Les solutions qu’ils ont développées, respectivement les roquettes Thundart et FLP-t 150 [associée au lanceur X-Fire], ont récemment été évaluées par la DGA. L’une et l’autre ont, apparemment, obtenu des résultats ayant dépassé les attentes des industriels. Dans le même temps, un achat dit «sur étagère» n’a jamais été totalement écarté, le K239 Chunmoo sud-coréen et le Pinaka indien ayant été régulièrement cités parmi les choix possibles. Selon les explications données par M. Pailloux aux sénateurs, un «scénario semblait pouvoir se détacher clairement» en décembre. Mais ce n’était plus le cas au moment de son audition. «Aujourd’hui, alors que nous avons affiné nos travaux, je considère que les options sont très ouvertes», avait-il confié. Que s’est-il donc passé entretemps ? Lors d’une séance de questions au gouvernement, le 13 mai, le président de commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, Cédric Perrin, a fait état de «plusieurs informations» évoquant une offre faite au ministère des Armées par l’américain Lockheed Martin, sur la base du M142 HIMARS [High Mobility Artillery Rocket System], un lance-roquette multiple déjà choisi par plusieurs membres de l’Otan, dont l’Estonie, la Pologne, la Croatie ou encore l’Italie. Interpellée à ce sujet, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, n’a pas explicitement confirmé ces informations. «J’espère que ce matériel sera souverain et je mets tout en œuvre à cet effet», a-t-elle répondu. Dans sa réplique, M. Perrin a insisté sur une «petite musique» circulant «d’une manière insistante, au sein de certains états-majors, en faveur de l’achat de matériel américain». Ce à quoi Mme Vautrin a répondu qu’il était «mal informé». Seulement, peu après, l’hebdomadaire Challenges a indiqué que «deux sources» lui avait confirmé l’offre faite par l’industriel américain… et que celle-ci avait «séduit certains» et «hérissé d’autres». Lors de l’examen du projet d’actualisation de la LPM 2024-30 par la Haute Assemblée, le choix éventuel du HIMARS a de nouveau été évoqué, cette fois par le sénateur Hugues Saury, corapporteur du programme 146 «Équipement des forces». «Il est […] temps d’accélérer le programme Frappe longue portée terrestre, afin de garantir un moyen de frappe opérationnel dès 2030. Les quatre entreprises françaises ayant participé à l’appel d’offres se sont engagées à respecter les délais prévus. Il n’y a donc aucune raison de recourir à un matériel américain», a-t-il dit. Pour autant, si elle a éludé la question du M142 HIMARS, Mme Vautrin a toutefois rappelé les critères qui seraient pris en compte pour choisir le successeur du LRU. «J’ai tenu mes engagements sur le lance-roquettes unitaire. Dès ma prise de fonctions, j’ai présidé un comité ministériel d’investissement. J’ai toujours dit souhaiter que les deux groupes souverains puissent aller au bout de leurs essais. C’est maintenant chose faite. […] Avant l’été, un comité ministériel d’investissement se réunira. Les notions de souveraineté, d’efficacité, les délais de livraison et le prix sont les quatre critères fondamentaux que nous devrons absolument prendre en compte. Nos industriels le savent. Il est évidemment essentiel pour eux de répondre à l’ensemble de ces enjeux», a en effet développé la ministre. Quoi qu’il en soit, le 9 juin, le site spécialisé américain a confirmé que Lockheed Martin avait officiellement répondu à une sollicitation de la France au sujet du M142 HIMARS en janvier dernier. Selon les sources de Breaking Defense, l’offre, élaborée en concertation avec l’administration américaine, prévoit «le transfert d’une part importante des lanceurs vers la France en 2028». En outre, ces derniers «pourraient tirer les mêmes roquettes GMLRS que celles utilisées par les anciens LRU». Plus précisément, Lockheed Martin assure pouvoir livrer les M142 HIMARS à l’armée de Terre dix-huit mois seulement après la signature d’un contrat. Reste à voir si, comme le redoutent les sénateurs, cette offre sera suffisamment convaincante pour remporter les suffrages du ministère des Armées, qui pourrait annoncer son choix lors du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory, la semaine prochaine. Pour Cédric Perrin, l’achat de M142 HIMARS est «inconcevable». Ainsi, alors que des «solutions souveraines existent», il est «hors de question de placer notre souveraineté militaire sous dépendance américaine» car «nous ne sommes pas la priorité des États-Unis» et que les matériels que ceux-ci livrent ont des restrictions d’emploi. En outre, estime-t-il, la France enverrait un «mauvais signal» à ses partenaires européens… après avoir défendu «l’autonomie stratégique européenne» pendant des années. Et d’y voir un «reniement politique majeur et une perte totale de crédibilité». Citer Ya Rab Yeshua.
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