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https://www.opex360.com/2023/12/03/la-france-et-les-philippines-veulent-etablir-une-intimite-strategique-et-operationnelle/

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En plus d’une guérilla communiste et de la persistance de la menace jihadiste, les Philippines doivent faire face aux visées chinoises sur leurs possessions en mer de Chine méridionale. Et cela alors que, dans une décision rendue en juillet 2016, la Cour permanente d’arbitrage [CPA] de La Haye a estimé que les revendications de Pékin n’avaient « aucun fondement juridique ».

Ayant déjà perdu, dans les années 1990, le contrôle du récif de Mischief après le déploiement d’une importante flottille de navires de pêche appartenant en réalité à la milice maritime chinoise [PAFMM – People’s Armed Forces Maritime Militia], Manille avait saisi la CPA au sujet de l’atoll de Scarborough, qui, situé au large de l’île de Luçon, venait alors de connaître le même sort.

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Pour autant, la décision de cette dernière ne changea rien à la situation… Et, depuis, la Chine a accru sa pression sur d’autres possessions philippines, dont l’île de Pag Asa, le récif de Whitsun [encore appelé « Julian Felipe »] et le banc Second Thomas [ou Second Thomas Shoal], où un détachement de l’infanterie de marine philippine tient garnison dans le BRP Sierra Madre, un ancien navire américain de la Seconde Guerre Mondiale qui y a été volontairement échoué.

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Ces dernières semaines, la situation autour du Second Thomas Shoal s’est envenimée, la garde côtière chinoise cherchant à empêcher le ravitaillement du détachement philippin qui y est déployé. Ce qui a donné lieu à plusieurs incidents sérieux. Aussi, ses capacités militaires étant limitées, Manille cherche à établir des partenariats avec d’autres pays.

Après que leur relation a connu un coup de froid durant le mandat du président Rodrigo Duterte [2016-2022], malgré un accord de défense signé en 1947, les Philippines et les États-Unis ont relancé leur coopération militaire, ce qui s’est récemment traduit par l’organisation d’exercices de grande ampleur et des patrouilles maritimes conjointes. En outre, Manille a ouvert l’accès de quatre bases supplémentaires aux forces américaines.

Mais le président philippin en exercice, Ferdinand Marcos Jr., entend aller plus loin. Ainsi, en septembre dernier, les Philippines ont signé un accord de partenariat stratégique avec l’Australie, ce qui a ouvert la voie aux premières manoeuvres navales conjointes entre les deux pays, en mer de Chine méridionale, le 27 novembre.

Et il en question d’en faire de même avec le Japon, des négociations en vue d’établir un accord de défense autorisant le déploiement des forces armées des deux pays sur leurs territoires respectifs ayant été ouvertes au début du mois dernier. En attendant, Tokyo a promis de fournir à Manille un système radar de surveillance côtière ainsi que des patrouilleurs. Et cela afin de lui permettre de « faire respecter le droit maritime ».

Puissance de la zone Indo-Pacifique de par ses territoires d’outre-mer [Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Clipperton, etc.], la France a déjà signé un accord de coopération de défense avec les Philippines, en mai 2016 [soit quelques semaines avant l’élection de Rodrigo Duterte, ndlr].

« Cet accord servira de cadre au développement des relations entre les services de la défense et les forces armées françaises et philippines, ainsi qu’à la promotion de la coopération de défense bilatérale en matière d’équipement de défense, de logistique et d’industrie de défense », avait expliqué l’ambassade de France à Manille, à l’époque. Et il était notamment question d’établir une « coopération renforcée à travers des visites de haut niveau, des consultations sur la politique de défense, des formations et exercices de renforcement des capacités, des échanges d’informations, et le développement d’une coopération navale ».

Depuis, des marins philippins ont été accueillis à Brest pour une formation aux opérations sous-marines assurée par DCI Group, Naval Group étant en lice pour livrer deux sous-marins Scorpène aux Philippines. Cependant, ce marché est aussi convoité par l’espagnol Navantia et le sud-coréen Hanwha Ocean. Ce dossier va-t-il bientôt aboutir?

 
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En attendant, et avant de se rendre à Nouméa pour participer à la réunion des ministres de la Défense du Pacifique Sud, qui se tiendra le 4 décembre, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a fait une escale à Manille, où il a rencontré Gilberto Teodoro, son homologue philippin.

Et, à cette occasion, les deux responsables ont signé une lettre d’intention portant sur « la sécurisation juridique des différents partenariats opérationnels et des activités ». En clair, il s’agit pour les Philippines de sceller avec la France un accord similaire à celui envisagé avec le Japon.

« Nous avons l’intention de prendre des mesures concrètes pour améliorer et rendre plus complète notre coopération en matière de défense », a justifié M. Teodoro.

« La France et les Philippines sont deux Nations de l’Indopacifique. Nous partageons la même vision d’un Indopacifique libre et ouvert », a relevé Sébastien Lecornu. La signature de cette lettre d’intention vise à « rehausser notre partenariat et offrir un cadre juridique plus sûr à nos interactions opérationnelles », a-t-il poursuivi, avant d’annoncer l’ouverture, dans le courant de l’été 2024, d’une « mission de défense à Manille pour créer de l’intimité stratégique et opérationnelle entre nos deux armées et augmenter le nombre d’escales navales et aériennes aux Philippines ».

Photo : Marine nationale

Ya Rab Yeshua.

  • 2 years later...
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https://www.opex360.com/2026/03/27/la-france-et-les-philippines-renforcent-leur-cooperation-militaire-en-signant-un-accord-sur-le-statut-des-forces-en-visite/

La France et les Philippines renforcent leur coopération militaire en signant un accord sur le «statut des forces en visite»

 

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Outre la menace jihadiste et la rébellion latente de l’organisation communiste «Nouvelle armée populaire», que son président, Ferdinand Marcos Jr, a promis d’éradiquer d’ici 2028, les Philippines sont confrontées aux revendications de Pékin sur leurs possessions en mer de Chine méridionale. Revendications qui, selon la Cour permanente d’arbitrage [CPA] de La Haye, ne reposent sur «aucun fondement juridique».

Ce qui donne fréquemment lieu à des incidents sérieux, comme celui survenu au début de ce mois, au cours duquel la corvette chinoise de type 056A Guang’an a verrouillé son radar de contrôle de tir sur la frégate philippine BRP Miguel Malvar, près du récif de Sabina.

Pour faire face à cette situation, et au-delà du renforcement de ses forces armées, les Philippines ont noué plusieurs partenariats stratégiques avec des pays de la région indopacifique. Ainsi, en plus de leur accord de défense mutuelle scellé avec les États-Unis en 1947, elles se sont rapprochées de l’Australie, du Japon, de la Nouvelle-Zélande et du Canada. Mais pas seulement.

En effet, puissance de l’Indopacifique de par ses territoires d’outre-mer [Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Clipperton, etc.], la France signa un accord de coopération militaire avec les Philippines en 2016.

Selon les explications données à l’époque, ce texte prévoyait des «visites de haut niveau, des consultations sur la politique de défense, des formations et des exercices, des échanges d’informations et le développement d’une coopération navale». L’élection du président Rodrigo Duterte, partisan d’un réalignement stratégique sur la Chine et la Russie, quelque semaines plus tard, en avait alors amoindri la portée.

Sept ans plus tard, avec la perspective d’un hypothétique contrat portant sur la livraison de deux sous-marins Scorpène à la marine philippine, Paris et Manille signèrent une lettre d’intention sur la «sécurisation juridique des différents partenariats opérationnels» entre leurs forces armées respectives. En clair, il s’agissait d’établir un cadre juridique clair pour leurs exercices conjoints.

Alors ministre des Armées, Sébastien Lecornu avait parlé de créer une «intimité stratégique et opérationnelle» entre les forces armées des deux pays. «Nous partageons la même vision d’un Indopacifique libre et ouvert», avait-il souligné.

Depuis, Manille a commandé quarante patrouilleurs FPB 100 au chantier naval vendéen Ocea pour sa garde côtière [grâce à une «aide publique au développement» de 410 millions consentie par la France] et la Marine nationale a engagé, pour la première fois, la frégate de surveillance Vendémiaire dans l’exercice Balikatan, organisé tous les ans par les Philippines et les États-Unis.

En outre, l’an passé, le porte-avions Charles de Gaulle a fait une escale inédite dans la baie de Subic, avec la Frégate de défense aérienne [FDA] Forbin et le Bâtiment ravitailleur de forces [BRF] Jacques Chevallier.

Alors que, dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc 2026, le porte-hélicoptères amphibie Dixmude et la frégate de type La Fayette [FLF] rénovée Aconit doit participer à la prochaine édition de l’exercice Balikatan, l’intention exprimée par la France et les Philippines s’est concrétisée par la signature d’un accord sur le «statut des forces en visite» par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et son homologue philippin, Gilberto C. Teodoros Jr, à l’École militaire, le 26 mars.

 

«Nous avons signé l’accord sur le statut des forces en visite avec la France. Nous l’avons signé sur les instructions expresses du président Ferdinand R. Marcos Jr visant à accélérer les choses, compte tenu de l’importance qu’il accorde aux relations entre nos deux pays, ainsi qu’aux relations des Philippines avec le reste de l’Europe», a déclaré M. Teodoros Jr, avant de louer la «confiance mutuelle qui règne» entre Manille et Paris «depuis des années».

« Au nom du peuple philippin, je tiens à remercier le peuple français d’avoir signé ce symbole si éloquent de nos souverainetés, symbole de confiance et de collaboration pour un monde meilleur », a-t-il insisté.

Selon Manille, cet accord SOFVA, qui doit encore être ratifié par les Parlements français et philippin, facilitera un «plus large éventail d’activités» entre les forces françaises et philippines «sur le territoire de l’un ou l’autre pays» tout en permettant de «contribuer plus efficacement à la sécurité régionale et mondiale».

Le chef d’état-major des forces armées philippines, le général Romeo Brawner Jr, a d’ailleurs particulièrement insisté sur ce dernier point. Cet accord permettra de «renforcer nos capacités de défense individuelles et collectives» et de «protéger l’ordre international», notamment dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982», a-t-il dit.

Enfin, cet «accord fondamental avec la France ouvre la voie à une coopération accrue des Philippines en matière de défense avec leurs partenaires en Europe et au-delà, afin de défendre les principes du droit international et de protéger l’ordre international fondé sur des règles», a conclu le ministère philippin de la Défense.

Photo : frégate Vendémiaire

Ya Rab Yeshua.

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