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Le classement des élèves-officiers de l’armée de Terre pourrait ne plus être déterminant pour le choix d’une Arme


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https://www.opex360.com/2024/03/03/le-classement-des-eleves-officiers-de-larmee-de-terre-pourrait-ne-plus-etre-determinant-pour-le-choix-dune-arme/

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Pour les élèves-officiers de l’armée de Terre, le classement établi à la fin de leur scolarité à l’École spéciale militaire [ESM] ou à l’École militaire interarmes [EMIA] revêt une importance particulière dans la mesure où ceux qui occupent le haut du tableau ont plus de chances de servir dans la spécialité ou l’Arme de leur choix [Infanterie, Artillerie, Arme Blindée Cavalerie, Génie, ALAT, Transmissions, etc.].

Comme le souligne le rapport sur l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan [AMSCC] récemment publié par la Cour des comptes, si ce rang de sortie conditionne les dix ou les vingt premières années de carrière de l’officier, en réalité, il le « suit tout au long de sa vie professionnelle au sein de l’armée de Terre ». Aussi est-il « très présent à l’esprit des élèves-officiers tout au long de leur scolarité ».

Seulement, les modalités des évaluations des élèves, définies dans le règlement de notation [REGNOT] sont complexes.

Au-delà des connaissances académiques, il s’agit de vérifier le « degré d’assimilation des fondamentaux tactiques et techniques du métier », le « niveau dans le domaine physique et sportif », les « qualités et les capacités professionnelles développées et acquises au cours de la formation », l’aptitude à commander, la capacité à s’adapter aux sujétions de la vie militaire et le « degré d’adhésion aux valeurs fondamentales et à l’éthique militaires ». Selon la Cour des comptes, « mille coefficients sont distribués sur toute la durée de la scolarité de l’ESM et de l’EMIA ».

Or, la complexité induit un manque de transparence…

« Même si la notation fait l’objet d’une présentation détaillée aux élèves-officiers au début de la formation académique et même si, selon l’AMSCC, le règlement de la notation est disponible pour tous, le dispositif manque de transparence et d’intelligibilité pour les élèves-officiers. Ceux-ci ne savent pas vraiment comment fonctionne la notation, et considèrent qu’elle peut être source d’iniquité », lit-on dans le rapport.

En outre, l’évaluation de l’aptitude militaire, au commandement et aux responsabilités, représente plus de 10 % de note finale… alors que celle-ci « comporte un risque de subjectivité ». C’est d’ailleurs un sujet sensible pour les élèves-officiers. « De nombreuses rumeurs à propos des notes d’aptitude apparaissent, créant un sentiment d’injustice et de flou. Il serait préférable d’expliquer clairement en début de semestre ou de formation ce qu’évaluent réellement ces notes afin de pouvoir les justifier », relève la Cour des comptes.

Dans le numéro 452 de RAIDS, le général Hervé de Courrèges, commandant l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, a reconnu que le classement de fin de scolarité à l’ESM « comporte une part de subjectivité », dans la mesure où celui-ci peut être modifié par le simple changement d’un coefficient. « Trop de notes sont silencieuses. Il faudrait les interroger. Un élève qui rate une épreuve, est-ce parce qu’il n’a pas travaillé ? Qu’il a perdu ses moyens ? Ou qu’il n’a rien compris ? À mon sens, nous évaluons aujourd’hui trop la performance alors qu’il faudrait, à ce stade de la formation, mieux évaluer la polyvalence de l’élève », a-t-il estimé.

« Toute sa vie, un officier devra faire face, parfois sous forte pression, à des situations très différentes. Il est essentiel d’évaluer sa capacité à accomplir des missions très diverses », a expliqué le général de Courrèges, qui n’entend toutefois par renoncer au « système de notation » étant donné que les élèves-officiers sont aussi « évalués pour obtenir un diplôme académique ».

Pour autant, le classement de sortie pourrait ne plus être aussi déterminant pour la suite de la carrière du futur officier.

S’agissant du choix des Armes, le commandant de l’AMSCC a souligné le « manque de discernement » chez certains élèves ayant rejoint l’ESM avec de « très belles valeurs » mais aussi avec des « idées stéréotypées, renforcées par l’imaginaire, des références historiques ciblées et parfois un héritage familial à assumer ».

« Ces jeunes arrivent à Coëtquidan à la suite d’une longue course d’obstacles élitistes menée à grand train qui ne leur a pas toujours permis de se poser les questions sur qui ils sont et sur ce qu’ils veulent vraiment faire de leur vie », a expliqué le général de Courrèges. Cependant, cela est beaucoup moins vrai pour les élèves de l’EMIA, ceux-ci ayant plus de « recul » après plusieurs années de service.

Quoi qu’il en soit, au regard des moyens qu’elle consacre à la formation de ses officiers, l’armée de Terre devrait « avoir son mot à dire sur le choix des Armes », a soutenu le général de Courrèges. « À vrai dire, je suis convaincu que le classement ne devrait pas être l’unique critère décisionnel du choix d’une Arme », a-t-il conclu.

Photo : armée de Terre

PS. Je mets en évidence et épingle. Ce post devrait être lu par tout candidat officier.

Ya Rab Yeshua.

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  • BTX featured and pinned this topic

Cependant, cela est beaucoup moins vrai pour les élèves de l’EMIA, ceux-ci ayant plus de « recul » après plusieurs années de service.

les seuls , les vrais mais ceux qui tirent le système n'en sont pas issus donc on a bien compris .......

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Ce qui m'interpelle demeure l'avis "avisé" de la Cour des Comptes. En quoi ce "machin" dont tout le monde se fout s'autorise à juger le contenu de la scolarité, l'absence de transparence et le choix en fin de scolarité des EOA. Qu'est-ce qui autorise MOSCOVICI, sympathisant repenti de la LCR de Krivine, à juger de "la chose" ? Et nos chefs de s'applatir et de s'empresser de satisfaire les "états d'âme" de ce technocrate bon teint !

Merde.

BTX

Ya Rab Yeshua.

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Il y a 2 heures, BTX a dit :

ceux qui occupent le haut du tableau ont plus de chances de servir dans la spécialité ou l’Arme de leur choix [Infanterie, Artillerie, Arme Blindée Cavalerie, Génie, ALAT, Transmissions, etc.].

 

AH bon ....quid novi sub sole ? depuis x années ...

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Il y a 5 heures, BTX a dit :

Ce qui m'interpelle demeure l'avis "avisé" de la Cour des Comptes. En quoi ce "machin" dont tout le monde se fout s'autorise à juger le contenu de la scolarité, l'absence de transparence et le choix en fin de scolarité des EOA.

Certes, remercions toutefois la cour des comptes pour rappeler que les locaux ou nous entrainons et formons nos futurs officiers supérieurs sont indignes de la mission, que les programmes en comparaison de l'Ecole Navale pourraient plus adéquats (ils ne font que comparer avec une autre militaire française, y a pas de honte)

La CC ne juge pas le contenu, mais la densité, l'adéquation et la spécifité toute française (seule la Pologne fait de même) de lier école militaire et académie diplomante ...

J'entends et je lis plusieurs auteurs nous dire que si l'armée veut être pleinement en symbiose avec la Nation elle doit un peu s'ouvrir à cette dernière, autrement que par des gentilles JPO et autres petits films sur Tiktok ... Le plus admiré et cité de nos généraux n'a-t-il pas rué dans les brancards en permanence (ce qui lui a couté plusieurs avancements et postes) entre 1919 et 1940, ne parlait-il pas de "l'armée des habitudes" ....

Clairon

  • Thanks 1

Le fil rouge sur le bouton rouge, le fil bleu ....

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Encore une fois, je ne vois pas ce qui autorise la Cour des Comptes à écrire ceci dans son rapport :

« Même si la notation fait l’objet d’une présentation détaillée aux élèves-officiers au début de la formation académique et même si, selon l’AMSCC, le règlement de la notation est disponible pour tous, le dispositif manque de transparence et d’intelligibilité pour les élèves-officiers. Ceux-ci ne savent pas vraiment comment fonctionne la notation, et considèrent qu’elle peut être source d’iniquité »."

Ras-le-bol de ces "juges" qui s'octroient des droits démesurés (Conseil d'Etat, Conseil Constitutionnel, etc.) et nous balancent des jugements péremptoires sans connaître les rouages de l'institution militaire.

Et je suis d'autant mieux placé pour émettre cet avis que je ne suis pas issu de la "Spéciale". Donc, pas de conflit d'intérêt.

Je vous livre ce commentaire que je trouve pertinent.

De la part d’un « dolo » issu » du système..
Beaucoup de bon sens et de vérités dans les propos du commandant de l’AMCC mais attention aux mauvaises conclusions et, surtout, attention à ne pas détruire ce qui fait justement la finalité des armées : « tuer pour la France en évitant autant que possible de mourir pour elle », ce qui implique une grande agilité intellectuelle, des ressorts d’audace, de détermination et d’exigence, tant personnelle que vis-à-vis de ses subordonnés.


Si nos meilleurs officiers élèves choisissent la colo, la légion ou les chasseurs alpins, c’est simplement parce que le « mythe » est hérité de l’aventure coloniale, ou des conflits post 1945.

Si le mythe du « chat maigre » l’image de Bigeard, Saint Marc ou Morel fait vibrer, peut-on le leur reprocher ? On peut aussi parler de Kieffer ou d’Estienne D’Orves, de Fonck ou de Guynemer, on parlera moins des transporteurs qui ont largué sur DBP, ou moins des marins des FNFL qui ont fait la Bataille de l’Atlantique. Simplement parce qu’à 20 ans on aime les héros incarnés. Aux oubliettes les poilus de 14-18 ou les tirailleurs de la 3eDIA ! Un peu pour la même raison que l’image du soldat allemand véhicule une image de modernité, alors que la moitié de l’armée allemande en 44 était encore hippomobile.

On peut critiquer cet état d’esprit, c’est celui d’une jeunesse qui apprendra bien vite (les 10 premières années à peine) que la nuance est nécessaire.
 

Oui, on peut croire que la note de gueule a fait des ravages. Je n’en suis pas si certain. D’abord parce qu’elle n’est pas le fait d’un seul prince mais d’un travail collectif de l’encadrement de contact qui partage sa vision de tel ou tel élève au gré des activités.

Je n’ai jamais été instructeur à Coet mais je le fus en Ecole d’Armes et je sais ce que je dis : c’est fondamentalement subjectif mais cette capacité à identifier les potentiels est une exigence attendue d’un officier qui doit savoir tirer parti des qualités de chacun de ses subordonnés.


Ce rapport de la cour des comptes m’invite à deux réflexions qui « remontent à la surface » à la lumière du conflit ukrainien :

Pourquoi notre système ne permet pas aux armes savantes d’être choisies par les majors de promotion comme c’était le cas avant 1940 ? Si cela avait été le cas, peut-être que notre armée professionnelle compterait moins de régiments de mêlée et plus de rgts d’appuis… c’est oublier que le modèle d’armée a été construit en 1997 (et notre système de formation en 1963) en tenant compte de contraintes politiques fortes (réduction des budget) et dans un contexte post guerre du Golfe qui fut pertinent pendant un quart de siècle.

On aurait certes pu anticiper une évolution du format mais quand on sait que l’entretien des 200 LECLERC et des 15 hélicoptères de l’ALAT hypothéquaient 85% du budget Maintenance de l’Armée de Terre, quand on proposait de conserver des unités d’infanterie, tout le monde s’en contentait, y compris et surtout Bercy. C’est aussi oublier que, pour paraphraser Michel Goya, les sections d’infanterie (et les pelotons de cavalerie dans une moindre mesure) sont une « ressource stratégique dans l’hypothèse d’un engagement sur le territoire national (Sentinelle puissance 10) …"


La 2e réflexion porte sur le questionnement sur la charge de travail des officiers élèves engagés dans deux cycles parallèles, un master/diplôme d’ingénieur et le métier d’officier.

Ce me semble spécieux car il traduit une fois encore -ce que l’ancien CEMA, le GA LECOINTRE regrettait-, à savoir la méconnaissance profonde de nos élites politiques, médiatiques et administratives du métier militaire.

Oui, il est normal à Coet de « bosser » 50 heures par semaine, car cela fait partie de l’école de l’aguerrissement du commandement, en apprenant à réfléchir et à décider quand on est fatigué.


Enfin, les critiques sur le déterminisme du système de formation des officiers semblent occulter quand même que rien n’est acquis, même pour des têtes supposées bien faites. Le temps de commandement de capitaine est une épreuve quasi sacralisée que peu de grands corps de l’Etat osent pratiquer.

J’attends encore le « brillant » de l’ENA ou de HEC, ou des Mines ou de l’X qui n’a pas choisi le métier des armes, élaborer un ordre d’opération et engager en opérations ses 150 soldats. Comparaison n’est pas raison mais ce « filtre » reste malgré tout exceptionnel et n’appartient qu’aux institutions en uniforme.

J’aimerais que les membres du corps judiciaire (c’est un exemple) qui commettent des erreurs gravissimes engageant l’avenir de leurs concitoyens soient aussi sévèrement sanctionnés.

Enfin, je n’ai pas entendu que les autres administrations imposent à leur « pointes de diamant » de repasser à mi-parcours sous les fourches caudines d’un second concours (EMSST ou ESG). On a beau être major de promotion, si on ne franchit pas l’obstacle – ça arrive, comme il arrive que le fils de personne puisse réussir- et bien on finira sa carrière comme lieutenant-colonel (même s’il faut reconnaitre que, dans ces cas-là, ces élites déchues n’hésitent pas à quitter l’institution pour se relancer, ce qui démontre une ambition et une détermination déjà identifiées à Coet.)


Alors certes, on peut et on doit toujours innover et remettre l’ouvrage sur le métier. On peut aussi se poser la question de la pertinence d’un bagage universitaire quand on vient de passer deux années de préparation de pure culture générale. Mais là aussi, n’est-ce pas justement pour cette « équivalence » universitaire que l’université peine toujours à attribuer aux élites militaires… simplement parce que ce sont des militaires.".

BTX

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Ya Rab Yeshua.

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