BTX Posté(e) 12 juin Signaler Posté(e) 12 juin https://www.opex360.com/2026/06/11/ayant-perdu-un-arbitrage-budgetaire-crucial-le-secretaire-britannique-a-la-defense-john-healey-a-remis-sa-demission/ Acquérir des chasseurs-bombardiers F-35A susceptibles d’emporter la bombe nucléaire tactique américaine B61 afin de doter à nouveau la dissuasion britannique d’une composante aéroportée, que la Royal Air Force avait abandonnée dans les années 1990. Tel était le projet annoncé par Londres en juin 2025, peu après la publication d’une Revue stratégique de défense. «Cet achat représente le plus important renforcement de la posture nucléaire du Royaume-Uni depuis une génération. Il réintroduit également un rôle nucléaire pour la Royal Air Force, pour la première fois depuis que le Royaume-Uni a retiré ses armes nucléaires souveraines lancées depuis les airs après la fin de la Guerre froide», fit alors valoir le gouvernement britannique. Un an plus tard, citant un source du ministère britannique de la Défense [MoD], The Telegraph a rapporté que l’achat de ces douze F-35A était menacé, faute d’être en mesure de trouver les financements nécessaires. «Les responsables de la défense ont tout fait pour défendre le programme [F-35A] en présentant les différentes options. Le débat se situe désormais sur le plan politique et non plus sur le plan militaire», a confié cette source. Un haut responsable de la RAF n’a caché ni son inquiétude ni son agacement auprès du quotidien britannique. «Nous devons joindre le geste à la parole. Le gouvernement doit assurer la cohérence entre ses paroles, ses pensées et ses actes. Tout ce qu’il fera ou ne fera pas sera scruté à la loupe par Moscou», a-t-il dit. Le sort de ce programme dépendra de ce que permettra de financer le «Plan d’investissement dans la défense» [DIP], dont la publication est attendue dans les prochains jours, après avoir été maintes fois reportée depuis l’automne dernier, faute de consensus entre les ministères de la Défense et du Trésor. A priori, et alors que, à l’instar de la plupart des responsables politiques et militaires européens, le chef du gouvernement britannique, Keir Starmer, dit craindre un choc avec la Russie avant 2030, l’ambition portée par ce DIP ne serait pas à la hauteur des besoins exprimés par le MoD. Pour rappel, le DIP vise à financer les priorités capacitaires définies par la Revue stratégique de défense au cours des dix prochaines années. Toute la difficulté pour le MoD est de parvenir à faire entrer l’édredon dans la valise, à un moment où les forces britanniques peinent à tenir leurs contrats opérationnels [c’est notamment le cas pour la Royal Navy]. Ayant étudié la dernière mouture de ce DIP, fruit d’un accord entre le Trésor et le 10 Downing Street, le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a pris ses responsabilités. Dans un courrier adressé à M. Starmer, ce 11 juin, il a annoncé sa démission. «Vous n’avez pas été capable, et le Trésor n’a pas voulu, mobiliser les ressources dont le pays a besoin pour se défendre en cette période de menaces croissantes», a-t-il cinglé. Le DIP devait avoir deux objectifs : répondre aux «exigences opérationnelles croissantes» tout en finançant les priorités de la Révue stratégique de défense et définir une «voie claire» vers l’engagement de consacrer 3,5 % du PIB à la défense, conformément aux préconisations de l’Otan, acceptées par Londres. Or, pour M. Healey, le compte n’y est pas. Reconnaissant qu’il était compliqué de mobiliser les ressources financières pour répondre aux besoins du MoD même s’il «existe des moyens crédibles» pour y arriver, M. Healey a fait valoir que, «sans plan adapté à la situation», il serait «contraint de prendre des décisions susceptibles de réduire la disponibilité opérationnelles des forces [britanniques], d’augmenter les risques pour le personnel en opération et de compromettre la sécurité du pays». Aussi, soulignant qu’il ne pouvait pas accepter un accord «qui ne donne pas à nos forces les ressources dont elles ont besoin», M. Healey a considéré qu’il n’avait pas «d’autre choix que de présenter sa démission» et de souhaiter à M. Starmer «tout le courage nécessaire pour relever les défis exceptionnels auxquels il est confronté en tant que Premier ministre». Justement, reste à voir si M. Starmer pourra se maintenir à son poste dans les jours ou les semaines à venir. Fragilisé pour avoir nommé Peter Mandelson ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis alors qu’il est apparu que celui-ci était mouillé dans l’affaire Epstein, l’actuel locataire du 10 Downing Street a déjà dû accepter la démission de plusieurs membres de son gouvernement après la déroute du Parti travailliste aux dernières élections locales, marquées par la percée spectaculaire de Reform UK, dont le nombre de conseillers est passé de 2 à 1 453. Citer Ya Rab Yeshua.
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