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https://www.opex360.com/2026/07/28/a-son-tour-safran-annonce-mettre-fin-au-projet-franco-allemand-de-moteur-davion-de-combat-de-nouvelle-generation/

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En juin, après l’annonce de la fin du projet de Système de combat aérien du futur [SCAF], mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne, Airbus Defence & Space a pris la tête d’un consortium baptisé Team Gen 6 pour développer un avion de combat de nouvelle génération de conception allemande. Mais une grosse inconnue demeure : quelle sera sa motorisation ?

Cette question ne se posait pas pour le SCAF étant donné que le français Safran Aircraft Engines avait été désigné pour mettre au point le moteur destiné au New Generation Fighter [NGF], que Dassault Aviation et Airbus devaient développer. Et cela, avec l’allemand MTU pour partenaire principal. Afin de mettre un peu d’huile dans les rouages [et satisfaire le Bundestag], les deux industriels créèrent la coentreprise EUMET, de droit allemand.

Le fait d’avoir confié la maîtrise d’œuvre de la motorisation du NGF à Safran Aircraft Engines ne pouvait souffrir aucune contestation, ne serait-ce que par son expérience [avec le M-88 du Rafale] et les études confiées par la Direction générale de l’armement [DGA], au titre des programmes Turenne 1, Turenne 2 et ADAMANT.

En outre, afin d’ouvrir la voie à la motorisation du NGF, Safran Aircraft Engines travaille actuellement sur le réacteur M88 T-REX, destiné au Rafale porté au standard F5, lequel aura besoin de plus de puissance.

«Avec le T-REX, le but est de passer de 7,5 à 9,5 tonnes de poussée […] tout en conservant le niveau de performance du Rafale dans les configurations les plus lourdes, sans compromis sur son rayon d’action. Donc, c’est un défi», avait expliqué Emmanuel Chiva, alors Délégué général pour l’armement [DGA], lors d’une audition parlementaire.

Cela étant, la France devrait lancer son propre programme d’avion de combat de nouvelle génération. Seule ou dans le cadre d’une nouvelle coopération.

D’ailleurs, sur ce point, le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, préconise le développement, sans tarder, d’un démonstrateur «pour tester les compromis avant de figer le système opérationnel». Un premier vol pourrait avoir lieu en 2031-32, avec des moteurs M-88, voire avec des M-88 T-REX. «Il faut se jeter à l’eau maintenant pour ne pas subir les développements américains et pour maintenir les compétences industrielles. […] Il y a un temps pour tergiverser et un temps pour décider», a-t-il martelé, la semaine passée.

Quoi qu’il en soit, un projet français d’avion de combat de nouvelle génération ne pourra se faire qu’avec l’appui de Safran Aircraft Engines.

Or, ce 28 juillet, le PDG du groupe Safran, Olivier Andriès, a prévenu : il ne sera pas possible de courir deux lièvres à la fois. «Nous n’avons les ressources que pour développer un moteur d’avion de combat. Et nous allons évidemment prioriser la feuille de route française», a-t-il dit, selon des propos rapportés par l’AFP.

«Est-ce que les spécifications [pour le moteur] côté français et côté allemand vont rester les mêmes ? […] C’est une question ouverte. [Mais] nous n’aurons pas les ressources engineering pour faire deux moteurs différents», a-t-il insisté, après avoir précisé que les financements liés au SCAF allaient s’interrompre en septembre.

Cela étant, le PDG de Dassault Aviation a déjà sans doute apporté une réponse à la question posée par M. Andriès sur les intentions allemandes.

«Le T-Rex […] ouvre la voie vers un moteur qui pousserait à 9 tonnes, avec pour objectif un moteur encore plus puissant pour un futur avion de combat de 6e génération. C’était l’un des sujets que nous avions mis sur la table pour le futur avion de combat. Il y avait une volonté de certains de faire un très gros avion de combat. Si vous faites un très gros avion de combat, il faut un moteur qui pousse beaucoup plus, même si vous en mettez deux. Quelque part, cela mettait la barre pour Safran encore plus haut», avait en effet expliqué M. Trappier aux sénateurs, lors d’une audition dédiée à l’avenir de l’aviation de combat, le 1er juillet dernier. Et d’enfoncer le clou : « Le moteur est donc fondamental : c’est ce qui nous donne notre indépendance et notre souveraineté ».

Ya Rab Yeshua.

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