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Guerre électronique : l’armée de Terre évalue un nouveau système de navigation pour les chuteurs opérationnels


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Au moins à deux reprises, en juin 2022 et en mai 2023, l’armée de Terre lança, sous très faible préavis, une opération aéroportée [OAP] en Estonie, afin de démontrer sa capacité à «intervenir en urgence et à soutenir un allié».

Et l’État-major des armées [EMA] les avait décrites comme un «acte de solidarité stratégique» envers ce pays, sous pression russe.

Cela étant, ces OAP furent menées dans un contexte où la guerre électronique n’avait pas encore pris l’importance [ou repris ?] qu’elle a actuellement.

«Les engagements récents, en particulier en Ukraine, ont démontré que la perte temporaire ou durable des communications suffit à désorganiser une unité, neutraliser un appui-feu ou rendre inopérants des systèmes pourtant technologiquement supérieurs», note l’armée de Terre, dans un document intitulé «Déclinaison capacitaire d’action aéroterrestre future».

Ce brouillage électronique peut affecter les signaux de géolocalisation par satellite [GNSS/GPS], comme c’est le cas en Estonie – plus généralement dans la région de la Baltique – depuis le début de la guerre en Ukraine. Et cela n’est pas sans conséquence pour les parachutistes, et plus particulièrement pour les chuteurs opérationnels.

«La géolocalisation est devenue un élément indispensable. En parallèle, les systèmes de navigation par satellite sont de plus en plus ciblés par des actions de brouillage ou de déni d’accès. Ce qui était autrefois considéré comme un risque ponctuel est désormais une réalité opérationnelle», souligne la Section technique de l’armée de Terre [STAT].

Or, poursuit-elle, «lorsque le GPS utilisé par le parachutiste devient indisponible, les conséquences peuvent être immédiates : perte de repères, dégradation de la connaissance de la situation, difficultés de coordination entre les chuteurs et augmentation des risques, dans un contexte déjà contraint qu’est l’infiltration sous voile [ISV]».

D’où l’intérêt du système NAVDAC [pour Navigation en Déni d’Accès], que l’Agence de l’innovation de défense [AID] a présenté lors de la dernière édition du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory.

Porté par le 1er Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa], qui fait partie des forces spéciales de l’armée de Terre, ce dispositif permet de maintenir «l’affichage en temps réel du positionnement» et de connaître la position des forces amies [BFT – Blue Force Tracking] dans les zones où les signaux GNSS sont perturbés, depuis la phase aéroportée jusqu’aux opérations au sol.

«Ce système fédère des briques technologiques éprouvées [navigation, communications, énergie, EUD, intégration SIG] au sein d’une architecture unique, ergonomique, robuste et modulaire, garantissant la continuité de mission quel que soit le vecteur [aéroterrestre, nautique, motorisé, pédestre]», avait alors expliqué l’AID.

Le NAVDAC n’est pas encore opérationnel. Mais cela ne saurait tarder puisqu’il vient d’être évalué par le Groupement aéroporté [GAP] de la STAT. À cette occasion, celle-ci en a dit plus à son sujet.

«Le NAVDAC propose une approche globale de la navigation qui combine plusieurs technologies : navigation, communications sécurisées, systèmes d’information géographique et autonomie fonctionnent ensemble pour permettre aux opérateurs de naviguer sous voile, de nuit, sur plusieurs dizaines de kilomètres, en toute sécurité et en utilisant une GNSS chiffrée», a détaillé la STAT, via le média social LinkedIn.

L’évaluation de ce système a, semble-t-il, donné satisfaction. Étant donné que, quelques soient les conditions, un parachutiste doit être immédiatement opérationnel dès sa mise à terre, le NAVDAC «intègre une solution ergonomique de fixation et de transition qui simplifie le passage de la phase de saut à l’équipement de combat, réduisant les manipulations et le temps nécessaire pour reprendre la mission», a relevé la STAT.

«Cette approche illustre une évolution importante des équipements militaires : la performance ne repose plus uniquement sur la technologie embarquée, mais également sur son intégration au plus près des besoins de l’utilisateur», a-t-elle conclu.

Photo : AID

Ya Rab Yeshua.

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