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https://lignesdedefense.ouest-france.fr/en-italie-le-rearmement-au-coeur-de-la-contestation/

Manif-turin-1236x824.jpg « Non à l’armée ! » : à Turin, les manifestations ont commencé dès ce vendredi matin. Les étudiants protestent contre le coût élevé de la vie, contre la dégradation économique, contre les risques de guerre et pour le désarmement. Photo EPA/TINO ROMANO

Une grève nationale est en cours ce vendredi 30 octobre en Italie, dans le sillage des mobilisations étudiantes organisées depuis le début du mois. Cette fois, la lutte contre la militarisation est au cœur des revendications, comme l’explique Caroline Bordecq, la correspondante d’Ouest-France en Italie:

« Il n’y a jamais d’argent pour engager des professeurs ou rénover l’école, mais pour acheter des armes, oui », clame au mégaphone une lycéenne. Depuis lundi, les élèves de l’institut professionnel milanais Caterina Da Siena bloquent l’établissement pour dénoncer son délabrement (chauffage défectueux, toits décrépis…).

Depuis le début des mobilisations étudiantes en Italie, les politiques nationale et européenne de réarmement cristallisent les critiques. Les dépenses italiennes pour la Défense ont augmenté de 36 % en 2025, passant de 1,5 % à 2 % du PIB. Les jeunes accusent l’exécutif de réduire pour cela les fonds pour la santé, l’éducation et les aides publiques, alors que « le coût de la vie explose à cause de la guerre », fustige Fynn, 20 ans, venu soutenir les lycéens en grève.

Le jeune homme s’inquiète plus largement du « processus de militarisation » à l’œuvre dans le pays. Étudiants, parents et professeurs dénoncent les visites scolaires dans les casernes militaires, les séances d’orientation organisées par l’armée et un possible retour du service militaire volontaire. « La perspective qu’on nous offre, c’est d’être envoyés à la guerre, un fusil dans les mains », s’indigne Fynn.

« Ce sentiment est très répandu chez les jeunes et profondément intériorisé, ce n’est pas un simple slogan », observe Donatella Della Porta, professeure de sciences politiques à la Scuola normale superiore de Florence.

Ces revendications antimilitaristes – qui sont « un élément central de ces manifestations », selon elle – dépassent le mouvement étudiant. Elles sont au cœur la mobilisation nationale, vendredi 30 octobre, aux côtés de la lutte contre la vie chère. Les dockers italiens bloqueront également les ports, refusant de « travailler pour la guerre ». Ces positions s’inscrivent dans une culture pacifiste encore diffuse en Italie. Deux tiers de la population refusent aujourd’hui d’augmenter les dépenses pour la Défense. Et la majorité est opposée au soutien militaire en Ukraine.

Le sujet divise aussi profondément la classe politique italienne. A droite, le vice-Premier ministre Matteo Salvini s’oppose à l’envoi d’armes à Kiev, défendu par la cheffe de l’exécutif Giorgia Meloni. Alors que le bloc de gauche, lui, peine à s’accorder sur le sujet en vue des législatives de 2027.

Ya Rab Yeshua.

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