BTX Posté(e) 16 juin Signaler Posté(e) 16 juin https://www.opex360.com/2026/06/15/le-successeur-du-leclerc-sera-le-capint-un-char-dote-dune-tourelle-ascalon-et-dun-chassis-allemand/ En février, alors que le projet de Système de combat aérien du futur [SCAF] faisait de nouveau face à de fortes turbulences en raison des tensions entre Dassault Aviation et Airbus, le président Macron avait rejeté l’idée de développer deux avions de combat de nouvelle génération [NGF], laquelle passait pour être la seule solution, aux yeux de certains, pour sortir ce projet de l’ornière. «Pour ma part, je considère que les choses doivent avancer. Et de la même manière sur le char de combat, d’ailleurs. Parce que vous imaginez, si d’aventure, le partenaire allemand remettait en cause l’avion commun, on serait obligé de remettre en cause le char commun», avait-il dit, en faisant allusion au Système principal de combat terrestre [Main Ground Combat System, MGCS], annoncé en même temps que le SCAF, en 2017. Cela étant, M. Macron n’était pas le premier à lier ces deux projets. Avant lui, les députés allemands avaient déjà exigé de faire avancer le SCAF et le MGCS au «même rythme», ainsi qu’une meilleure prise en compte des intérêts de leurs industriels. Quoi qu’il en soit, si la coopération sur le «cœur» du SCAF, c’est-à-dire le «cloud de combat» devrait a priori continuer, celle sur le NGF a finalement été abandonnée par Paris et Berlin, la semaine passée. Et le MGCS, qui se veut un «système de systèmes» reposant sur une «capacité de char de combat» associée à des blindés, à des robots terrestres et à des drones aériens, risque fort de connaître le même sort. L’Allemagne ayant lancé le développement d’un successeur au char Leopard 2, le MGCS a pris beaucoup trop de retard pour qu’il puisse être opérationnel quand viendra le moment de retirer du service les Leclerc de l’armée de Terre, à l’horizon 2038. Aussi, en ayant pris acte, le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 prévoit de lancer une étude sur une «capacité de char intermédiaire comme brique préfiguratrice du MGCS». À l’occasion d’un entretien accordé au quotidien «Les Échos», ce 15 juin, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a donné quelques détails. «Le char futur a pris dix ans de retard. On ne pourra pas attendre. Nous travaillons sur un char intermédiaire doté d’une tourelle souveraine et connecté à des drones et à des systèmes robotisés. C’est au centre de partenariats que nous avons justement avec l’Ukraine. Ce sera un char repensé, avec beaucoup de connectivité. Et ces travaux sont inscrits et financés par la Loi de programmation militaire», a-t-elle dit. Lors de l’examen du projet d’actualisation de la LPM par l’Assemblée nationale, les députés ont adopté un amendement pour demander le lancement d’études «en vue de la définition de la capacité succédant au char Leclerc» avant la fin de cette année, afin de «pallier le risque de rupture temporaire de capacité.» Et d’ajouter : «Ces études examineront prioritairement les compétences des industriels nationaux.» Justement, à l’occasion d’EuroSatory, KNDS France a dévoilé le projet CAPINT [pour CAPacité INTermédiaire] mené en vue de proposer un successeur au char Leclerc. «Le choix d’une tourelle française sur un châssis allemand est sans doute le plus rationnel et le plus rapide», avait affirmé Patrick Pailloux, le Délégué général pour l’armement, lors d’une audition au Sénat. Et c’est cette solution qui a été retenue par l’industriel. «Basé sur un châssis amélioré dérivé de la dernière version du Leopard 2A8 et équipé d’une tourelle téléopérée ASCALON de KNDS France, le CAPINT est la proposition de KNDS pour le nouveau système de combat blindé français», a en effet indiqué le groupe franco-allemand. Pour rappel, le système ASCALON [Autoloaded and SCALable Outperforming guN] a été une pomme de discorde entre KNDS et Rheinmetall dans le cadre du MGCS, l’industriel allemand ayant cherché à imposer sa tourelle de 130 mm. Pouvant tirer des obus de 120 ou de 140 mm [à condition de changer de canon, ce qui prend à peine une heure], ASCALON offre, selon KNDS France, des «niveaux de performance inaccessibles aux technologies actuelles». Il utilise des munitions télescopées qui, stockées dans une tourelle à chargement automatique, sont programmables «au-delà de la vue directe». Et le tout avec une usure minimale. Dans son communiqué, KNDS France précise par ailleurs avoir effectué une « campagne de tirs dynamiques réussie avec un démonstrateur de char équipé » du système ASCALON, en janvier dernier, au Portugal. «Le char CAPINT intégrera un ensemble de capacités permettant de répondre aux nouveaux besoins du champ de bataille en matière de puissance de feu, de capacités antidrones, de protection, d’architecture numérique ouverte et de connectivité avec des systèmes robotisées», explique KNDS France. Cela étant, ce CAPINT ne sera pas qu’un «simple» char dans la mesure où il sera la pierre angulaire d’un système multiplateforme, comprenant des systèmes robotisés et dont «l’architecture ouverte garantira évolutivité et adaptabilité». Doté d’un groupe motopropulseur diesel de 1 500 chevaux, censé garantir un «excellent rapport poids/puissance pour une mobilité supérieure», le CAPINT disposera donc d’une tourelle ASCALON «non intrusive» et munie d’un canon automatique à âme lisse de 120 mm de «dernière génération». A priori, il n’est plus question du calibre de 140 mm. Du moins pour le moment. «KNDS développe ce système dans le but de livrer les premières unités dans les années 2030», souligne l’industriel. Expert incontournable dès qu’il est question de blindés, Marc Chassillan donne d’autres détails au sujet de ce CAPINT, dans un hors série du magazine RAIDS dédié au «char du futur». Ainsi, d’une masse n’excédant pas les 50 tonnes, ce char intermédiaire sera mis en œuvre par trois personnes, qui prendront place dans une «cellule de survie» au sein du châssis. Il disposera d’un système de protection active et de drones filaires pour repérer et désigner les cibles à longue portée. Enfin, il pourra tirer le projectile guidé PELTASTE [8 km de portée], dont le développement repose sur des briques technologiques issues des projets KATANA et POLYNEGE. Photo : Char CAPINT – KNDS – A. Nestora Citer Ya Rab Yeshua.
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