BTX Posté(e) 29 avril Signaler Posté(e) 29 avril https://www.opex360.com/2026/04/29/service-national-volontaire-larmee-de-terre-fait-le-plein-de-candidats/ En vigueur en Allemagne depuis le 1er janvier 2026, la loi sur le service militaire volontaire permettra-t-elle à la Bundeswehr [forces fédérales allemandes] de porter ses effectifs à 460 000 soldats – dont 200 000 réservistes – à l’horizon 2035 ? Malgré les avantages promis aux recrues éventuelles, dont une solde mensuelle de 2 600 euros, rien n’est moins sûr. En mars, le commissaire parlementaire pour la Bundeswehr, Henning Otte, s’est dit «quelque peu sceptique quant à la possibilité d’atteindre» cet objectif. Et la hausse significative des objecteurs de conscience depuis le début de cette année ne peut que nourrir ses doutes. Bien que la conscription obligatoire ait été suspendue en 2011, l’objection de conscience est restée un droit constitutionnel outre-Rhin. «Nul ne peut être contraint, contre sa conscience, d’effectuer un service militaire avec armes», stipule en effet l’article 4 de la Loi fondamentale allemande. Entre 2012 et 2021, 2 500 demandes pour faire valoir ce droit ont été adressées aux organismes compétents. Mais, conséquence de la guerre en Ukraine, ce chiffre a plus que doublé entre 2022 et 2024. Et il ne cesse d’augmenter, 3 867 requêtes reçues rien qu’en 2025. Sur les trois premiers mois de cette année, déjà 2 656 dossiers ont été déposés, selon des données de l’Office fédéral de la famille et des tâches de la société civile [BAFzA], citées par le journal Neue Osnabrücker Zeitung. «Une objection précoce peut constituer une mesure de précaution contre une éventuelle réactivation de la conscription obligatoire […]. Les objecteurs de conscience reconnus bénéficient alors d’une protection juridique et ne peuvent être contraints d’effectuer un service militaire. Toutefois, en cas de crise ou d’état d’urgence national, ils sont tenus d’effectuer un service civil», explique Tagesschau. Quoi qu’il en soit, en France, le ministère des Armées n’a pas les mêmes soucis que son homologue allemand : le nouveau Service national, basé sur le volontariat, fait actuellement le plein de candidats. Pour rappel, en 2026, les armées comptent recruter 3 000 volontaires âgés entre 18 et 25 ans [1 800 pour l’armée de Terre, 600 pour la Marine nationale et 600 pour l’armée de l’Air & de l’Espace]. Puis, le nombre de places offertes ira crescendo : 4 000 en 2027, 10 000 en 2030 et 42 500 en 2035. Peut-être que les problèmes commenceront quand il s’agira d’atteindre ce niveau de recrutement… Mais on n’en est pas encore là pour le moment. En effet, ce Service national volontaire est parti sur de bonnes bases. «Aujourd’hui, j’ai plus de 2 300 dossiers de candidatures, dont 1 600 jeunes en attente de passage en évaluation et 260 jeunes déjà orientés vers une place», s’est félicité le général Arnaud Goujon, le sous-directeur du recrutement de l’armée de Terre, le 27 avril, selon des propos rapportés par l’AFP. Et environ 22 % des candidats sont des «jeunes femmes», a-t-il précisé. Les candidats avaient jusqu’au mois d’avril pour se manifester. Puis, en fonction de la suite donnée à leur dossier, ils rejoindront les armées à l’automne, pour une durée de dix mois et une solde mensuelle de 800 euros. «Il n’y a aucun doute à ce stade qu’il y aura des jeunes en nombre» pour une «année de césure qui commencera en septembre, octobre, novembre et qui permettra à ces jeunes de reprendre un cycle scolaire ou d’études à l’été suivant», a commenté le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], selon la même source. Fait intéressant [ou évocateur, c’est selon], 90 % des candidats ont demandé à être incorporés dans des régiments de «combat» [cavalerie, infanterie, artillerie, génie]. Et cela, alors que «l’on a énormément d’autres métiers», comme la «logistique, le renseignement, la maintenance, etc.», a souligné le CEMAT. Dans un entretien publié par l’hebdomadaire Le Point, le 1er avril, le général Goujon avait livré une clef pour expliquer l’attraction exercée par l’armée de Terre sur les jeunes [15 000 sont recrutés chaque année, ndlr]. «La génération Z est souvent mal comprise. Les jeunes qui en sont issus sont souvent considérés comme des ‘fainéants velléitaires’ par les employeurs. En réalité, ces jeunes cherchent du sens, un cadre, du collectif, de la solidarité et de l’aventure. L’armée de Terre répond à toutes ces attentes et leur parle en adultes», avait-il dit. Photo : armée de Terre Citer Ya Rab Yeshua.
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