BTX Posté(e) il y a 52 minutes Signaler Posté(e) il y a 52 minutes https://www.opex360.com/2026/06/01/capacites-militaires-le-general-mandon-evoque-le-risque-dun-decrochage-de-la-france-par-rapport-a-lallemagne/ Si l’on s’en tient à la trajectoire financière du projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30, le ministère des Armées devrait disposer d’un budget s’élevant à 76,3 milliards d’euros en 2030, soit l’équivalent de 2,5 % du PIB. Et cela, grâce à un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros par rapport au texte initial, promulgué le 1er août 2023. Il s’agit de crédits budgétaires et non de recettes exceptionnelles [REX], dont le montant avait été évalué à 13,3 milliards d’euros il y a trois ans. Pour la commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, cette hausse est insuffisante. La semaine passée, elle a donc «corrigé» la copie rendue par le gouvernement en proposant d’ajouter 14 milliards d’euros à cette trajectoire financière, l’objectif étant de porter le niveau des dépenses militaires à 83,9 milliards d’euros en 2030 [soit 2,7 % du PIB. Ainsi, une telle évolution serait en phase avec l’engagement pris par la France auprès de l’Otan de consacrer 3,5 % de son PIB à sa défense. En outre, elle permettrait d’améliorer le tableau capacitaire du projet d’actualisation de la LPM 2024-30, avec notamment l’ajout de trois frégates et d’une trentaine de Rafale F4 [dont dix pour la Marine nationale]. Cependant, même si les sénateurs obtiennent gain de cause, le budget du ministère des Armées risque encore d’être insuffisant au regard des dépenses militaires massives consenties par plusieurs pays européens, à commencer par l’Allemagne, dont l’ambition est de posséder «l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe», comme l’a encore récemment rappelé Boris Pistorius, son ministre de la Défense. Selon une note de conjoncture publiée en novembre par la Direction générale du Trésor, Berlin entend porter ses dépenses de défense et de sécurité à 167,8 milliards d’euros en 2029 alors que celles-ci s’élevaient «à 66,8 milliards d’euros en 2024». Soit une hausse de 150 % en cinq ans. En 2026, le budget «normal» du ministère allemand de la Défense a été annoncé à 82,7 milliards d’euros. Une somme à laquelle doivent s’ajouter 25,5 milliards d’euros, prélevés sur le Fonds spécial de la Bundeswehr, institué en 2022. Au total, Berlin dépensera 108,2 milliards d’euros pour moderniser et renforcer ses forces armées Auditionné, une fois n’est pas coutume, par la commission des Finances du Sénat, le 11 mai dernier [le compte rendu vient d’être publié, ndlr], le chef d’état-major des armées [CEMA], le général Fabien Mandon, n’a pas exclu le risque d’un décrochage de la France en matière militaire par rapport à ses partenaires européens. «Comme le montrent les chiffres […] concernant l’Allemagne, l’effort de défense nos alliés européens augmente plus vite que le nôtre. Ils n’ont pas un modèle d’armée complet, et ils arrivent pourtant à un budget supérieur au nôtre. Comment pouvons-nous maintenir un tel format avec un budget sensiblement inférieur à celui de nos partenaires ? Au vu de ces mêmes efforts, ne craignez-vous pas que nous assistions à un décrochage de l’armée française par rapport à nos alliés ? Cela soulève de nouveau la question de la place de la France en Europe, sur le sujet de la défense européenne», l’a interrogé le sénateur Dominique de Legge, rapporteur spécial de la «mission Défense». «Le décrochage est possible», lui a répondu le général Mandon. «Si l’Allemagne continue à ce rythme, dans cinq ans, l’argument selon lequel nous bénéficions d’une expérience opérationnelle et d’une certaine culture ne tiendra plus», a-t-il ajouté. En outre, a encore poursuivi le CEMA, «pour les Américains, la référence européenne devient peu à peu l’Allemagne». Et cela alors que celle-ci prévoit de «dépenser trois fois plus que la France chaque année». Aussi, a-t-il prévenu, «au bout de cinq ans, le différentiel sera frappant !». Cela étant, l’atout de la France reste son arsenal stratégique. «Aujourd’hui, notre continent connaît la guerre et nous savons que la Russie est capable de s’aventurer au-delà de l’Ukraine. La présence américaine, par ailleurs, se réduit. Nous devons donc être plus forts collectivement. Nous travaillons donc pour développer ces capacités aujourd’hui détenues par les Américains. C’est en cela que le discours de l’Île Longue du Président de la République a joué un rôle majeur : pour la première fois, il nous appelle à réfléchir ensemble à notre défense», a souligné le général Mandon. «La dissuasion nucléaire fait partie de l’équation de défense de l’Europe», a-t-il insisté. Seulement, «quand nous élaborons la loi de programmation militaire ou son actualisation, nous dialoguons très peu avec nos alliés. Nous devons davantage communiquer» car «lorsque les Allemands projettent de fabriquer certains types de missiles puissants, cela concerne aussi la France», a-t-il fait observer. Aussi, pour le CEMA, «nous devons donc réfléchir aux éléments constitutifs de notre défense». En tout cas, a-t-il dit, il «est inquiétant que la revue stratégique récemment publiée par l’Allemagne ne mentionne pas une seule fois la France.» https://www.opex360.com/2026/06/01/capacites-militaires-le-general-mandon-evoque-le-risque-dun-decrochage-de-la-france-par-rapport-a-lallemagne/ Citer Ya Rab Yeshua.
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